THE GREAT GATSBY (2013) ♥♥

ImageRéalisé par: Baz Luhrmann. Avec: Leonardo DiCaprio, Tobey Maguire, Carey Mulligan, Elizabeth Debicki, Joel Edgerton

Je n’ai jamais beaucoup aimé les films de Baz Luhrmann. Trop de couleurs, trop de détails criards, trop de décors, trop de mouvements de caméras, trop de plans montés trop vite. Trop quoi. Trop à l’inverse du cinéma que j’aime regarder, le cinéma qui prend son temps, qui montre sans se montrer. J’étais sortie de Roméo+Juliette et de Moulin Rouge! avec une grosse indigestion visuelle et l’envie de ne plus rien regarder d’autre que du Bresson pendant un moment. Donc forcément, je me suis traînée pour aller voir le film. Non pas que j’avais particulièrement aimé la version de 1974, ni d’ailleurs adoré le roman de Fitzgerald. Je n’avais pas peur d’être déçue donc, j’avais juste prévu l’Alka-Seltzer après le gros pudding baroque que je m’attendais à voir. Est-ce que le fait d’avoir stupidement préjugé du film m’a aidé à l’aimer? Peut-être. Il est plus facile d’être agréablement surpris par un film qu’on s’attend à détester.
Les premières minutes passent et je suis passablement agacée par le côté un peu ahuri du personnage de Nick, et surtout par le travelling à gros sabots de la caméra qui survole la baie entre East Egg et West Egg. Et puis quelque chose se passe. On entre chez les Buchanans. Et là, dans une scène lumineuse dans les deux sens du terme, on rencontre Daisy, et on saisit en quelques plans toute l’illusion de son personnage, entre frivolité et malheur. Puis on suit Nick et Tom dans leur virée new-yorkaise, et on se retrouve dans une photo de David Lachapelle animée, et on se dit que Luhrmann est quand même doué pour filmer la fête. C’est son élément. Tout est parfaitement maîtrisé. Un peu plus loin dans le film, chez Gatsby, même constat. C’est une chorégraphie brillante dans le rythme et les effets. Le délire visuel de Luhrmann n’est plus vomitif mais jouissif, Le film est plus explicite que sa version précédente, et que le livre. La frénésie, l’hystérie même, de la vision et du son sert la tragédie en contrastant avec le vide. En explicitant le personnage de Gatsby, on perd un peu de son mystère, mais on le rend aussi plus proche, plus attachant, plus drôle, plus vivant. DiCaprio et son aura de grand gamin est du coup parfait. Gatsby dans la piscine, c’est Jack dans Titanic. On l’aime, on veut que Daisy l’aime aussi, et on veut croire à son rêve. Luhrmann n’a pas fait de son Gatsby un fou. Il est obsessionnel, il est amoureux à la folie, mais il n’est pas malade, c’est la société qui l’est. Bien sûr, et c’est un choix, le personnage de Gatsby et sa relation à Daisy éclipsent tous les autres personnages et toutes les autres relations. Nick n’est qu’un filtre, et sa relation avec Jordan Baker est complètement passée à la trappe. Les deux sont d’ailleurs plus clairement ambigus dans leur sexualité que les personnages du scénario de Capote. Ou alors c’est moi qui fantasme.
Luhrmann aime le maniérisme et les anachronismes, et là, ça fonctionne. Amy Winehouse, Lana Del Rey, André 3000, The XX, etc., ça fonctionne. On n’a pas l’impression de regarder MTV.
The Great Gatsby version Lurhmann est un film ambitieux et intelligent. Lurhmann joue. Avec les codes, avec l’histoire du cinéma, avec notre regard. Il s’égare parfois, mais il est souvent juste.
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Directed by: Baz Luhrmann. Starring: Leonardo DiCaprio, Tobey Maguire, Carey Mulligan, Elizabeth Debicki, Joel Edgerton
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I never really liked Baz Luhrmann’s movies. Too many colors, too many gaudy details, too many objects, too many camera movements, too many shots edited too quickly. Too much of everything. Too far from the cinema I like, which is a cinema that takes its time, that shows without showing itself. Roméo+Juliette and Moulin Rouge! left me with a visual indigestion that made me want to watch nothing but Bresson’s films for a while. So I have to admit I was reluctant to see Luhrmann’s new film. I didn’t particularly liked the 1974’s version, nor loved the novel, so I wasn’t scared to be disappointed. I just thought of taking some Alka-Seltzer with me just in case I needed to neutralize the big baroque pudding I was going to be fed. So is my stupidly prejudging the film helped me like it? Maybe yes. I guess it’s easier to be pleasantly surprised with a film you already hate.
After the first minutes, I’m already reasonably irritated by the stupefied air of Nick’s character, and even more by the very unsubtle and unnecessary tracking shots of a camera flying accross the bay between West Egg and East Egg. And then something happens. I enter the Buchanans’ mansion. And there, in a very bright scene, in both senses of the word, I meet Daisy, and I get in just a few shots all the illusion of her character, made of frivolity and unhappiness. Then I follow Nick and Tom in their ride into town, and, in Tom’s secret apartment, I find myself in the middle of an animated David Lachapelle’s photograph, and I think yes, Lurhmann is great at capturing the essence of the party. Another party scene, that time at Gatsby’s, and again I’m amazed at the filmmaker’s mastery of rythm, sounds and visual effects. Lurhmann’s frenzy is no longer emetic, it’s orgasmic. In many ways, Luhrmann’s movie is more explicit than the 1974 version, and than the novel. The frenzy, the hysteria of sights and sounds serve the tragedy because they underline the emptiness. Luhrmann’s Gatsby might lose a little bit of his mystery, but he gains in humor, vulnerabilty and in humanity. We feel close to him. DiCaprio with his juvenile looks is perfect for the part. Gatsby in his pool is Jack at the end of Titanic. We love him, we want Daisy to love him, and we want his dream to come true. Luhrmann’s Gatsby is not a madman, His love is obsessionnal, he is madly in love, but he is not sick, society is. Of course, and it is intentional, Gatsby and his relationship with Daisy eclipse all the rest. Nick is merely a filter through wich we see Gatsby, and his relationship with Jordan Baker is completely overlooked. The two by the way I thought more clearly sexually ambiguous than the characters of Capote’s script.
Luhrmann loves mannerism and anachronisms, but here, it works fine. Amy Winehouse, Lana Del Rey, André 3000, The XX, etc., surprisingly fit. I did not feel like I was watching MTV like I did for Moulin Rouge!. This new version of The Great Gatsby is an ambitious and intelligent movie. All throughout the film, Luhrmann plays with codes, with the history of cinema, with our gaze. He does get carried away sometimes, but more often he is in the right.

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CANNES, C’EST FINI/THANK YOU STEVEN

Ah Cannes. Tous les ans ses stars, ses lumières, ses smokings, ses décolletés, ses robes de bon goût, ses robes de mauvais goût, ses sourires, ses dents blanches, ses fêtes, ses bijoux, ses cambriolages… Tous les ans, sur la moquette rouge jamais souillée, les mêmes mots reviennent. “Effervescence”, par exemple, dans la bouche des journalistes, “émotion” dans celle des stars, et “rêve” chez les autres, ceux debout qui attendent toute la journée pour apercevoir un visage, pour toucher du regard un bout de la vie des idoles, comme à la cour de Louis XVI le peuple applaudissait, criait et pleurait en voyant la noblesse étincelante. La comparaison est facile. L’idolâtrie a toujours existé. Le phénomène est le même, il prend les mêmes formes, mais les objets ont changé. À Cannes, il y a les célèbres sans talent et les talentueux célèbres, les talents inconnus découverts à ce moment là, et les moyens, les lisses, les oubliables, que le jury oublie. Le grand mérite du festival, c’est d’avoir récompensé, tous les ans ou presque, l’obscur, l’imprononçable, le trop long, le trop chiant. C’est de choisir le talent plutôt que la célébrité, la difficulté plutôt que la facilité. Cannes finalement, c’est plus que dix jours de gloire et de paraître, c’est plus que neuf ou dix personnes qui regardent des films et qui votent, c’est plus que l’idolâtrie, c’est l’amour, mondial, du cinéma.
Même si je n’ai pas vu le film, j’ai quand même jubilé en entendant le nom de la Palme d’or. Donner la Palme à un film sur un amour entre filles, le jour même où les fachos manifestent contre le mariage gay, ce n’est pas anodin. Est-ce un geste politique? Peut-être pas. On récompense un film pour ses qualités cinématographiques. Ce n’est peut-être pas politique, mais c’est un engagement. Merci Steven, je t’aimais déjà pour Jurassic Park et E.T, mais là, t’es au top.
On résume le palmarès donc:
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– Palme d’or à Abdellatif Kechiche, mais aussi, et c’est une première dans l’histoire du festival, à Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux pour La vie d’Adèle.
– Grand Prix aux Coen Ethan et Joel pour Inside Llewyn Davis.
– Prix de la mise en scène à Amat Escalante pour Heli.
– Prix du Jury à Hirokazu Koreeda pour Like Father, Like Son.
– Prix du scénario à Jia Zhangke pour A Touch of Sin.
– Prix d’interprétation féminine à Bérénice Bejo pour Le Passé.
– Prix d’interprétation masculine à Bruce Dern pour Nebraska.
– Palme d’or du court-métrage à Byoung-gon Moon pour Safe.
– Caméra d’or à Anthony Chen pour Ilo Ilo.
( et aussi Prix Un Certain Regard à Rithy Panh pour L’image manquante)
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Qu’est-ce que je disais, que des imprononçables.
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Ah Cannes. Every year the stars, the lights, the tuxedos, the cleavages, the fine taste in dresses, the bad taste in dresses, the smiles, the white teeth, the parties, the jewels, the burglaries…Every year, on the red immaculate carpet, always the same words. “Excitement”, the journalists say, ”emotion”, the stars say, “dream”, the others say. The others, who stand all day waiting to catch a glimpse of the idols, to get a brief feeling of what their life is, just like in Versailles the people clapped and shouted and cried at the sight of the glittering nobility. The comparison is easy. Idolatry has always existed. It still exists, it takes the same forms, but the idols have changed. In Cannes, there are the famous ones with talent and the famous ones without talent, the unknown talents that come out in the light, and the unsprising ones, the forgettable ones, that the jury ignores. Cannes is still a great festival because it still chooses the talented ones over the famous ones, and difficulty over ease and comfort. It still rewards the complex, the obscure, the unsayable, the too long, the highbrow. Cannes, in the end, is more than just ten days of glory and good looks, it’s more than just nine or ten people watching films and voting, it’s more than idolatry, it’s the world’s love for cinema.
The Palme d’or felt great this year, especially this year. Is it politically meaningful? Probably not. The film is rewarded for its artistic qualities. And yet, giving the Palme d’or to a film about a love between two women the same day that the fascists demonstrate against gay marriage is meaningful. It is a commitment. Steven, I already liked you for E.T and Jurrassic Park, but now I love you.
So to sum it up:
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- the Palme d’or goes to Abdellatif Kechiche, but also – and it’s a first in the history of the festival – to Adèle Exarchopoulos and Léa Seydoux for La vie d’Adèle.
- The Grand Prix goes to the Coens Ethan and Joel for Inside Llewyn Davis.
- The Prix de la mise en scène goes to Amat Escalante for Heli.
- The Prix du Jury goes to Hirokazu Koreeda for Like Father, Like Son.
- The Prix du scénario goes to Jia Zhangke for A Touch of Sin.
- The Prix d’interprétation féminine goes to Bérénice Bejo for Le Passé.
- The Prix d’interprétation masculine goes to Bruce Dern for Nebraska.
- The Palme d’or du court-métrage goes to Byoung-gon Moon for Safe.
- The Caméra d’or goes to Anthony Chen for Ilo Ilo.
( and the Prix Un Certain Regard goes to Rithy Panh for L’image manquante)
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What did I say? Only unsayable names.

 

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MAMA (2013) ♥♥

ImageRéalisé par: Andrés Muschietti. Avec: Jessica Chastain, Nikolaj Coster-Waldau, Megan Charpentier, Isabelle Nélisse, Javier Botet

L’argentin Andrés Muschietti a réalisé en 2008 un court-métrage d’à peine trois minutes, Mama, dont les qualités avaient convaincu Guillermo del Toro de produire une version longue du film. Dans le Mama de 2008, une petite fille réveille sa grande sœur au beau milieu de la nuit en lui disant que ”Mama” est revenue. Elles descendent les escaliers d’une grande maison vide, et, dans une pièce au bout du couloir, elles aperçoivent la silhouette d’une femme. La figure est menaçante. La musique est sourde. Quelque chose va arriver. Mama sort de la pièce et surgit à toute vitesse en direction des petites. Elle est pieds nus, son corps est difforme. Les filles hurlent et remontent à l’étage. La plus jeune claque la porte de la chambre et laisse l’autre sur le seuil. La fille regarde Mama s’approcher d’elle. Sa démarche est désarticulée, son visage est hideux. La musique s’affole. La petite hurle. Fin. On retrouve, à quelques détails près, la même scène dans le long-métrage de Muschietti, qui est donc une version augmentée, explicitée, reformulée, de cette scène originelle.
Après avoir pété un plomb et tué sa femme et des collègues de boulot, Jeffrey (Nikolaj Coster-Waldau, plus connu sous le nom de Jaime Lannister) s’enfuit avec ses deux filles, Victoria et Lilly. Ils ont un accident sur la route et trouvent refuge dans une cabane au bord d’un lac au milieu de la forêt. Là, le père veut tuer ses filles et se suicider, mais le fantôme de la cabane le tue avant. Cinq ans plus tard, deux hommes payés par Lucas, le frère jumeau de Jeffrey, pour retrouver la trace de ce dernier et de ses filles, découvrent la cabane dans les bois. Les deux petites sont retournées à l’état sauvage, et prétendent avoir été élevées par ”Mama”, une mystérieuse présence surnaturelle. Lucas et sa petite amie Anabel (Jessica Chastain, caméléon) sont deux adulescents. L’un est dessinateur, l’autre guitariste dans un groupe de rock. Pourtant, le psychiatre qui se charge des petites leur confie la garde et leur prête une maison pour les élever dans de bonnes conditions. Bien sûr, comme c’est souvent le cas dans les familles recomposées, l’un des parents a du mal à s’adapter, et cette nouvelle garde partagée se passe mal, car ”Mama” est jalouse et possessive.
L’enfance est l’un des thèmes fétiches du cinéma d’horreur. L’enfant est innocent, fragile, sans défense, face au mal et à la corruption du monde adulte. Mais ce qui est intéresse le cinéma d’horreur, c’est l’inversion, ou la perte, des valeurs, le côté diabolique de ces chères têtes d’ange. Le trope de l’enfant-victime et de l’enfant-tueur est presque aussi vieux que le genre lui-même. Passée l’ambiguïté initiale, le film choisit de tendre vers l’enfant-victime, dont il ne faut pas se protéger mais qu’il faut protéger. Le film, assez banal, est plein des clichés et rebondissements propres au genre : la cabane dans les bois, la visite de la cabane en plein milieu de la nuit, les enfants bizarres, les poupées horribles, le fantôme dans le placard, la mère folle, la musique bien appuyée, etc. Mais ces stéréotypes sont assumés, et ça fonctionne quand même. La mise en scène, sans être originale, est soignée et efficace. Tout l’intérêt du film à mon avis tient dans le traitement de ses personnages. Malgré le peu de dialogues et d’action, Muschietti réussit à créer des personnages attachants et ”vrais”. Ils sont dans un juste milieu. On y croit. On s’y attache. Aucun n’incarne le mal absolu. Même ”Mama” est ambivalente, à la fois maternelle et destructrice. Le film est moins un film d’horreur qu’un film angoissant. Quelques trouvailles sont intéressantes, notamment la concrétisation physique du thème de la maison hantée. Muschietti joue sur l’ambiance et l’atmosphère, avec ce qui est là, latent, qui observe et qui tue non par plaisir, mais parce que ”ça” souffre. Ça vit dans les murs, ça devient les murs, ça les pourrit. Ça vit dans le cadavre, mais ce n’est pas la vie, ça n’est jamais que la mort articulée. Ça prend possession des rêves, mais ça reste étranger au monde des vivants. Il n’y a que l’enfant avec qui ça peut communiquer, et qui peut encore l’aimer, parce que seul l’enfant voit le mort et le vivant comme deux choses différentes mais égales. La fin, tellement éloignée des conventions hollywoodiennes, suffirait à elle seule à sauver le film. Mais elle n’est pas seule. Il y a de la beauté dans Mama, un amour impossible, une poésie noire et inquiétante.
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Directed by: Andrés Muschietti. Starring: Jessica Chastain, Nikolaj Coster-Waldau, Megan Charpentier, Isabelle Nélisse, Javier Botet
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In 2008, the Argentine Andrés Muschietti directed ”Mama”, a 3-minute short-film that Guillermo del Toro watched and liked so much that he decided to produce a longer feature. In the 2008 version, a little girl wakes her sister up in the middle of the night and tells her that ”Mama” is back. They both go downstairs in an empty house. They see something that looks like a woman moving in a room at the end of the hall. The ”thing” is threatening. The music is nagging and throbbing. Something is going to happen. Mama walks out of the room and runs at abnormal speed toward the children. She is barefoot and her body is deformed. The girls scream and run back to the first floor. The younger girl slams the bedroom’s door and leaves the older out. She looks at Mama moving toward her. The thing’s walk is dislocated, her face is hideous. The music panics. The girl screams. The end. The same scene is present in the 2013 movie, which is an enhanced and more explicit version of this primitive scene.
After he lost it and killed his wife and co-workers, Jeffrey (best known under the name of Jaime Lannister) runs away with his daughters. They have an accident on the road and find refuge in a cabin by the lake in the middle of the wood. There, Jeffrey plans to shoot her daughters than kill himself, but the ghost in the cabin prevents it and takes care of him. Five years later, two detectives paid by Lucas, Jeffrey’s twin brother, finally find the crashed car and the cabin with the girls. They are alive but they live in a wild primitive state and they pretend that they were raised by a supernatural entity they call ”Mama”. Lucas and her girlfriend Anabel (Jessica Chastain, the actress-chameleon) are thirty something but they live like teenagers. He draws and she plays the guitar in a rock band. Nevertheless, the psychiatrist in charge of the girls decide to give them custody and to lend them a house to raise the girls in proper conditions. As it is often the case, joint custody does not go well and Mama is jealous of the girls’ new parents.
Childhood is a recurring theme in horror movies. The child is innocent, fragile and defenceless against evil and the corruption of the adults’ world. But what the horror genre is interested in is the reversal, and loss, of values, the devilish side of the angels’ faces. The trope of the child-victim and child-killer is almost as old as the horror genre itself. After initial ambiguity, the film chooses one unequivocal representation of the child as basically pure and good. Adults don’t need to protect themselves from them, they need to protect them. The film is actually pretty unsurprising and uses some of the genre’s most common clichés and twists : a cabin in the wood, people visiting the cabin in the middle of the night, scary dolls, weird children, a ghost in the closet, a crazy mother, heavy music, etc. But ”Mama” is a genre movie that fully acknowledges these stereotypes. And it works. Muschietti’s directing is clever and effective. The main interest of the film is the characterization of Jeffrey, Anabel, the girls AND the ghost. Muschietti managed to find a right balance to make them ”real” and make the viewer care for all of them. They are not mere embodiments. Even Mama is not pure evil, she is ambivalent, both motherly and destructive. The film is less based on violence than on anguish. Some ideas I thought were interesting, for example the physical concretization of the haunted house theme. The film is all about atmosphere, about something that is there, lurking, that kills not out of pleasure but because it is suffering. It lives in the walls, it becomes the walls, it corrupts them. It lives in corpses, but it is not really living, it’s only articulated death. It takes possession of people’s dreams, but it still remains estranged from the living world. Only the child can communicate with it, and love it, because only the child can see the living and the dead as two different but equal things. The end is not like any conventional Hollywood ending. Only that suffices to make the film interesting. But it’s not only that. There’s beauty in ”Mama”, there’s an impossible love, there’s black and troubling poetry.

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UPSIDE DOWN (2013)

ImageRéalisé par: Juan Solanas. Avec: Kristen Stewart, Jim Sturgess, Timothy Spall
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Même constat qu’Oblivion. Même reproches à Solanas qu’à Kosinski. On ne fait pas de bons films avec une bonne idée et de bons visuels.
Cette fois, on n’est pas dans le futur mais sur une autre planète, ou plutôt sur deux autres planètes. Deux planètes aux gravités opposées. Deux planètes et des contrastes aussi subtils qu’une pub pour la lessive : il y a le blanc d’un côté et le noir de l’autre. Il y a les riches en haut et les pauvres en bas. Il y a le soleil en haut et la pluie en bas. Et les méchants d’en haut exploitent les gentils d’en bas, par le biais d’une seule multinationale pas très bien gérée, Transworld. Bien sûr, Adam le petit orphelin d’en bas tout droit sorti d’un roman de Dickens, rencontre par hasard Eden, qui fait partie du monde d’en haut. Rien qu’aux prénoms, on se dit qu’il y a du boulot avant que la SF trouve à nouveau un scénario digne de ce nom. Il s’aiment, mais leur amour est impossible à cause des lois des hommes et de la gravité. Finiront-ils par se retrouver et vivre leur amour ? La question à deux dollars.
Le scénario manque cruellement d’originalité (malgré l’idée de départ) et souffre de quelques incohérences. Mais ce n’est pas là le moindre défaut du film. L’image est sans cesse parasitée par la musique et l’ensemble
a des allures de mauvais clip pour ados (pauvres Sigur Rós). La voix off d’Adam censée nous expliquer l’histoire des planètes et nous faire part de ses sentiments aux moments clés du film souligne encore plus l’indigence du scénario et l’impuissance de Solanas à créer de l’émotion. Le jeu des acteurs n’arrange rien. Le surenchère dans le niais de Jim Sturgess finit même par irriter.
Quelques belles images et quelques scènes bien mignonettes. Mais ça s’arrête là.
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Directed by: Juan Solanas. Starring: Kristen Stewart, Jim Sturgess, Timothy Spall
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Same analysis about Upside Down as about Oblivion, about Solanas as about Kosinski. You don’t make good movies only with a good idea and good visuals.
This time, the film is not set in the future but on another planet, or two to be precise. Two planets with opposite gravities. Two planets, and contrasts as subtle as a commercial for a laundry detergent : you have black on one side, and white on the other. You have rich people Up Top and poor people Down Below. It is sunny Up Top and rainy Down Below. And the rich bad guys from Up Top exploit the poor people Down Below via Transworld, a big company with big bosses who think they control everything. Of course, Adam, the poor orphan kid from Down Below that seems to come straight out of a Dickens’ novel, meets Eden, the posh girl from Up Top. Just looking at the two characters’ names, you realize that there is still a lot of work to do before Science-Fiction finds scriptwriters worthy of it. Of course, Adam and Eden love each other, but they can’t be a couple because of the laws of men and of gravity. Will they manage to be united and live happily ever after anyway ? This is a two dollar question.
The crual lack of originality of the scenario (Solanas did have a good idea to begin with) and the few incoherences of the film are not its only flaws. Music constantly interferes with the image and the combination of the two makes a bad videoclip for teenagers (we feel very sorry for Sigur Rós). Adam’s voice-over is supposed to make us understand the planets’ history and to make us feel what Adam feels. In fact, it only underlines the poverty of the scenario and Solanas’ inability to create emotions. The acting doesn’t save the film. It’s actually quite the opposite. Jim Sturgess overdoes the naive and mushy dimension of his character, and ends up irritating the viewer.
So to sum it up, the film has some nice images, and a lot of soppy scenes. And that’s about it.

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THE PERFECT FAMILY (2011)

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Réalisé par: Anne Renton. Avec: Kathleen Turner, Emily Deschanel, Jason Ritter, Michael McGrady
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Kathleen Turner était géniale en mère névrosée et psychopathe dans Serial Mother. En voyant la bande annonce de The Perfect Family, j’ai rigolé, et j’espérais retrouver la même folie que dans la comédie de Waters. Eileen Cleary est mère de famille et catholique ultra-pratiquante. Elle est nominée et en compétition avec son ennemie jurée pour recevoir la récompense ultime, le prix de la femme catholique de l’année. Si elle gagne, elle recevra l’absolution pour ses pêchés. Or, outre la fréquentation et l’implication dans des activités bénévoles, la famille de celle qui recevra le prix doit être irréprochable. Le problème, c’est que le mari d’Eileen est un ancien alcoolo, que son fils vient juste de plaquer sa femme et ses gosses pour la manucure du coin, et que sa fille est lesbienne, et enceinte. L’accumulation des obstacles clichés peut être drôle dans une comédie, mais là, à part quelques bons mots, et le jeu de Turner, le film tourne en rond. On ne rigole pas, on sourit à peine. C’est long à démarrer, ça ne démarre pas vraiment d’ailleurs, et ça ne va pas bien loin. On suit sur le même rythme des scènes plates autour du dilemme d’Eileen qui doit choisir entre sa famille et sa foi. Ce n’est pas drôle donc. Mais ce n’est pas triste non plus. Ni grave. Ni profond. On est dans un entre-deux qui effleure pour ne pas choquer. On reste dans le politiquement correct, dans les bons sentiments. C’est gentillet, et donc raté. Un conseil, ne perdez pas votre temps, contentez-vous de la bande annonce.
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Directed by: Anne Renton. Starring: Kathleen Turner, Emily Deschanel, Jason Ritter, Michael McGrady
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Kathleen Turner was great as a neurotic and psychopathic mom in Serial Mother. When I watched the trailer of The Perfect Mother, I laughed, and so I expected to find in it the same folly as in John Waters’ comedy. Eileen Cleary is a mother and a devout catholic. She happens to be nominated against her best enemy for the award of the catholic woman of the year. If she wins, she will receive the greatest prize : the absolution of her sins. To be elected, she needs to be assiduous at church and in her charity works, but she also needs to have a perfect family. The trouble is, her husband is a former alcoholic, her son has just left his wife and kids for the manicurist next door, and her daughter is gay, and pregnant. The accumulation of clichés as obstacles can be funny in a comedy, but not here. The film – except for some good lines and Turner’s acting – is pretty boring. I didn’t laugh, I barely smiled. It takes ages to actually start, and when it does, it doesn’t go very far. Eileen is in a quandary : she has to choose between her family and her faith. What will she do ? I mean come on, this is a comedy, we all know how it is going to end. The problem is not the end really. The problem is that the scenes that are supposed to illustrate Eileen’s conflict with her family, and her own dilemma, are not funny, but they are not sad either, or deep. The film remains on the surface so as not to shock anyone. It remains politically correct, full of good intentions, so of course, it fails as a comedy, and it also fails as a drama. Don’t waste your time watching more than the trailer.

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MUD (2013) ♥♥♥

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Réalisé par: Jeff Nichols. Avec: Matthew McConaughey, Tye Sheridan, Jacob Lofland, Reese Witherspoon
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Qui a un jour rêvé de l’Amérique l’a rêvée pour deux sortes d’espaces : la ville, haute, tentaculaire, violente et remplie d’énergie, et la nature sauvage, du désert, du bayou,du marécage, « the wilderness » qui n’a aucun équivalent français. On rêve de l’Amérique parce qu’on rêve de ses images, ce sont elles qui l’ont créée. Il y a toujours des images, par dessus d’autres images, et ça continue de nous faire rêver. Les cinéastes le savent. Regarder Mulholland Drive, c’est regarder Gilda et Sunset Boulevard, etc. Regarder Mud, c’est regarder d’autres images du Sud, et depuis toujours, dans le Sud, il y a ces personnages d’enfants livrés à eux-mêmes et débrouillards, face à la violence des adultes, qui trouvent dans la nature une consolation et un échappatoire. Regarder Ellis (Tye Sheridan) et Neckbone (Jacob Lofland), c’est voir Tom Sawyer et Huckleberry Finn, Idgie dans Beignets de tomates vertes, Mick dans Le cœur est un chasseur solitaire… ”This thing I want I know not what”, dit Mick. Ellis observe les adultes, il voit ses parents s’engueuler, des femmes mentir aux hommes, des hommes mentir aux femmes. Il observe de loin ces adultes qui lui semblent perdus, il voudrait les aider, en faire partie, mais en même temps il est déçu par eux, il est en colère contre eux. Il veut et ne veut pas. Mud, c’est le Sud de l’apprentissage, du passage difficile entre la liberté de l’enfant et les responsabilités de l’âge adulte, c’est l’incompréhension du monde. Pour comprendre, il y a toujours un guide, ou du moins un modèle. Mais l’adulte lui-même est faible et a besoin d’aide. Dans Mud, comme dans deux autres films formidables, Winter’s Bone et Beasts of the Southern Wild (l’Arkansas se situant d’ailleurs au milieu, entre le Missouri et la Louisiane), les rôles sont inversés, c’est l’enfant qui s’occupe de l’adulte, et qui y perd un peu ou beaucoup de ses illusions. Et pourtant, malgré la violence, malgré la mort, il y a de l’amour, amour des hommes entre eux, amour des hommes pour la nature. Il y a la beauté qui continue, devant laquelle, malgré tout, on continue de s’émerveiller. Le dernier plan de Mud est un plan de la rivière, personnage à part entière, à la fois dangereuse et protectrice. On aime l’Amérique pour toutes ces images, toutes ces histoires, tous ces plans, tous ces personnages. On aime les mythes que l’Amérique s’est créé. Mud fait désormais partie de cette mythologie.
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Directed by: Jeff Nichols. Starring: Matthew McConaughey, Tye Sheridan, Jacob Lofland, Reese Witherspoon
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Anyone who ever dreamed of America dreamed it for two kinds of spaces : the city – high and sprawling, violent and full of energy – and the nature – the desert, the bayou, the swamps, the ”wilderness”, a word that has no equivalent in French. We dream of America because we dream of the images that created it. There are always images, shaped by other images, and we keep on dreaming of them. The filmmakers know that. Watching Mulholland Drive is watching Gilda and Sunset Boulevard, etc. Watching Mud is watching other images of the South. And the South has always been inhabited by resourceful children, forced to manage on their own to face the adults’ violence. And nature has always been for them a way out and a consolation. Watching Ellis (Tye Sheridan) and Neckbone (Jacob Lofland) is like watching Tom Sawyer and Huckleberry Finn, Idgie in Fried Green Tomatoes, Mick in the Heart is a Lonely Hunter… ”This thing I want I know not what”, Mick says. Ellis watches the adults, he sees his parents fight, he sees women lie to men, men lie to women. They seem lost. He would like to help them, to belong there, and yet at the same time he is disappointed in them, he is angry. This thing he wants and doesn’t want. Mud, and everything that shaped it, is about a passage, a difficult growth from the child’s freedom to the adult’s responsibilities, it’s about the impossibility to understand the world as it is. To understand, you always need a guide, or at least a model. But the adult is weak and needs help. In Mud, as in two other great movies, Winter’s Bone and Beasts of the Southern Wild (let’s remember that Arkansas is in the middle, between Missouri and Louisiana), roles are reversed. The child takes care of the adult, and loses some of his illusions on the way. And yet, despite violence and death, love remains, love between men and women, between parents and their children, between men and nature. Beauty is still out there, in front of which one cannot but wonder. Mud ends in a final shot of the river, which is a character in itself, both dangerous and protective. I love America for all these images, all these stories, all these shots, all these characters. I love the myths America created, and Mud adds another piece to this mythology.

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L’ECUME DES JOURS (2013) ♥♥

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Réalisé par: Michel Gondry. Avec: Audrey Tautou, Romain Duris, Gad Elmaleh, Omar Sy
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Adapter L’Ecume des jours, c’est comme adapter de la poésie. Ce n’est pas juste une histoire. D’ailleurs l’histoire elle-même est tout ce qu’il y a de plus banale. Un garçon, Colin (Romain Duris), tombe amoureux d’une fille Chloé (Audrey Tautou). Ils se marient, ils sont heureux, mais Chloé tombe malade et c’est tout l’univers de Colin qui se délite.
Adapter L’Ecume des jours, c’est ”impossible”. C’est adapter un style, une musique, des images folles créées par des phrases folles créées par une imagination libre. C’est adapter du surréalisme qui n’en est pas. C’est croire à une autre version de la réalité, mais y croire sans la supériorité de l’adulte, sans ironie, y croire pour de vrai, comme un enfant.
Qui d’autre à part Gondry aurait pu adapter l’Ecume des jours ? Peut-être Sfar, ou Jeunet. Mais Gondry reconnaît l’influence directe de Vian sur son œuvre, dit que la lecture de L’Ecume des jours l’a ”libéré”. Gondry c’est l’oncle de Vian, ”le fameux bricoleur”, le ”vrai génie question travaux pratiques”. Le film fourmille d’inventions, d’objets, de trouvailles visuelles. Et pourtant on ne se perd pas dans ce décor. Ce n’est jamais trop, c’est jubilatoire. Ce n’est pas du Vian revu et corrigé par Gondry. Ce n’est pas la mise en avant d’un cinéaste qui serait là tout fier, à nous montrer ses joujous. C’est un hommage humble et fidèle au roman. Et par là je n’entends pas juste fidèle à l’esprit du roman. L’Ecume des jours le film, c’est L’Ecume des jours le livre. Tout y est. Chaque scène, chaque lieu, chaque ambiance, chaque musique, presque chaque mot,. Les personnages sont ceux qu’on avait imaginés. Ils ne sont pas niais, ils ne sont pas crétins, ce sont des enfants au début du film, et des adultes à la fin. Jean-Sol Partre, l’appartement, le piano-cocktail, les plats, les fusils, sont ceux qu’on avait imaginés, en mieux. La cruauté et la dimension anxiogène du roman ne sont pas mises de côté pour ne laisser qu’une histoire fantaisiste et gentillette. Elles sont présentes, peut-être pas assez, mais bien présentes. L’évolution dans le roman de la fête à la mort est bien retranscrite. Le décor change, d’une explosion de couleurs, d’un rythme rapide, on passe à un sépia glauque puis à un noir et blanc triste et lent.
La question de l’adaptation au cinéma, ce n’est pas qu’une question de fidélité, c’est vrai. Mais là, on ne peut qu’être admiratif devant le travail et la prouesse de Gondry. Il ne se mesure pas à, il sert Vian. On peut reprocher au cinéaste d’avoir rajouter des scènes qui ne sont pas dans le roman (le leitmotiv-mise en abyme du livre en train d’être tapé à la machine par des centaines de dactylos par exemple, ou l’addiction de Chick à Partre rendue plus concrète par la consommation de livres-drogues…) mais rien ne sonne faux. Le casting est parfait (pourtant Dieu sait que j’ai du mal avec Romain Duris et Audrey Tautou). Les gens qui sont partis avant la fin sont ceux qui auraient refermé le livre sans le finir. C’est agaçant aussi, cette déformation de la réalité, ce grand fouillis qui part dans tous les sens. Des oiseaux qui parlent, des morts ridicules, une souris domestique, une anguille dans le robinet, un nénuphar dans la poitrine. C’est du grand n’importe quoi. C’est absurde. Ce que démontre finalement le film de Gondry, outre le talent de son réalisateur, c’est que Vian n’est pas qu’un classique mort étudié dans les écoles, que son imagination suscite toujours des réactions radicales et divergentes, et qu’aucune œuvre réputée inadaptable ne l’est vraiment.
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Réalisé par: Michel Gondry. Avec: Audrey Tautou, Romain Duris, Gad Elmaleh, Omar Sy
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Adapting Froth on the Daydream is like adapting poetry. The story is not all that matters. The story itself is even quite common. A boy, Colin (Romain Duris) and a girl, Chloé (Audrey Tautou) fall in love. They get married, they are very happy, but then one day Chloé gets sick, and their whole world falls apart.
Adapting Froth on the Daydream is impossible. It’s adapting a style, a music, mad images created by mad sentences created by a free imagination. It’s adapting surrealism that isn’t surrealism. It’s believing in an alternate version of reality, but believing without any adult superiority, believing like children believe.
Who else besides Gondry could have adapted Froth on the Daydream ? Maybe Sfar, or Jeunet. But Gondry acknowledges Vian’s influence upon his own work, and says in an interview that reading Froth on the Daydream « freed » him. Gondry is Vian’s uncle from the song ”La java des bombes atomiques”, the ”famous handyman”, the ”true genius in matters practical”. The movie is fraught with great inventions, weird objects and visual treasures. And yet you never get lost. It’s never too much. It’s exhilarating. It’s not Vian revised and corrected by Gondry. Gondry is not a kid proudly displaying his new toys. He is a great filmmaker paying a faithful tribute to a great writer. And by ”faithful” I do not mean faithful only to the spirit of the novel. Froth on the Daydream the movie IS Froth on the Daydream the novel. The whole book is in the movie. Every scene, every place, every music, every atmosphere, almost every word, are in the film. The characters are those our own imagination had created. They are not silly, they are not dumb, they are children in the beginning and adults in the end. Jean-Sol Partre, Colin’s apartment, the piano-cocktail, the meals, the rifles, are like the ones we had imagined, only better. The movie certainly doesn’t get rid of the novel’s cruelty and anxiety. Gondry didn’t turn the book into a nice enough sentimental story. The dark side of the novel is present, maybe not enough, but it’s still there. The evolution from fun and party to death and misery is well done in the film. The setting alters. The burst of colors and dynamism in the first scenes turn into shady sepia and the movie ends sadly and slowly in black and white.
Adapting a novel into a film is of course not only a question of fidelity. Yet, I can’t help but admire Gondry’s work and achievement. He doesn’t try to measure up to Vian, he serves him. You can criticize Gondry for adding scenes that were not in the novel (for example, the mise en abyme-leitmotiv scene in which hundreds of clerks actually type the original novel, or Chick’s addiction to Partre made more concrete by his consumption of Partre-drugs…), but not one of them doesn’t ring true. The cast is perfect (and I’m rarely convinced by Romain Duris and Audrey Tautou). People who left the room before the end of the movie are the same ones who would have closed the book without finishing it. It’s easy to get irritated by Froth on the Daydream, by this distortion of reality, this big jumble. Birds talk, a mouse cleans the windows, an eel lives in the kitchen faucet, a girl is sick because she has a water lily in her lungs, people die ridiculous deaths. It makes no sense. It’s absurd. What the film proves in the end, besides Gondry’s talent, is that Vian is not only a classical dead writer studied in schools, that his imagination still sets off antagonistic reactions, and that no book said to be unfilmable is really impossible for the big screen.

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